OBJECTIFS DE LA MISSION

- Consultations au dispensaire de Bala par le Dr Yvonne Joncour et une infirmière

- La supervision par le Dr Alain Yung et une infirmière des équipes mobiles du Kaïcedrat,
- Action du Dr Jean-Charles Lescut auprès du Dr Sambou à Diourbel
- Action des Dr Youg, Lescut et d’une infirmière au dispensaire de Dankh-Sene à la demande de l’association Keurgui

ARRIVEE ET CONDITIONS DE TRAVAIL

Nous sommes arrivés à quatre :
- deux médecins généralistes, Drs Alain Yung et Yvonne Joncour,
- deux infirmières Nicole Corradini et Martine Comandon.
- Pendant une semaine, le Dr Yung a pris part aux tournée de supervision des équipes mo-biles de Kaïcedrat, organisme privé situé à Bala et ayant pour objet de prendre en charge les pathologies des malades au cœur même de leurs villages isolés et d’inculquer les élé-ments de base d’hygiène et de prévention. Pendant cette semaine il pu se rendre compte des bienfaits de cette structure tant pour la prise en charge rapide des maladies que pour l’éducation des populations sous forme de causeries animées et adaptées, au point qu’il parait utile d’essayer d’inclure dés à présent, ce volet éducatif aux missions personnelles de Terre d’Azur. Le Dr Alain Yung et une infirmière venaient en renfort après leur journée à l’extérieur.
- Dispensaire impossible à utiliser en l’état. Lieux sales, pas d’eau courante et évacuations des eaux sales et des WC bouchées. Nicole et Martine ont joué les tornades blanches, avec l’aide de Naguette, l’infirmière du dispensaire et de Mahmadou l’Assistant Sanitaire Communautaire, et après récupération d’un bidon d’eau posé sur l’évier bouché ont pu mettre en place pharmacie et salle de soins. Difficile de consulter à deux. Un seul bureau opérationnel et consultations parfois involontairement publiques, dans un coin de la salle de soins ou sur les lits de la « pharmacie ».

- Traducteurs indispensables pour les différents dialectes, surtout wolof et peul, mais pas toujours disponibles

CONSULTATIONS

– Afflux de consultants après l’appel lancé à la mosquée par Maguette, l’infirmière responsable aidée par Mahmadou l’ASC, et le pharmacien. – Pleine période d’épidémie post hivernage de gastro-entérites et d’infections ORL et broncho-pulmonaires, aggravées, surtout chez les enfants, par la dénutrition et la malnutrition parfois sévère. – Hors période de palu, quelques cas à Falciparum testés +, et d’autres( ?) mais pas de tests rapides pour confirmer les autres formes, donc obligés de se fier à la clinique. Pas de traitements oraux enfants disponibles. – Très nombreux cas de dermatoses parasitaires, teignes (presque tous) infections cutanées ou plaies infectées chroniques liées à l’absence totale d’hygiène. Parasitoses digestives aggravant les anémies sévères et la malnutrition. Déparasitage annuel des seuls enfants en bas âge, comme la distribution semestrielle de fer et de vit A (avitaminose A cause de cécité). Rien pour les vieux de plus de 10 ans, les déscolarisés et les ados ou les adultes. – Large recrutement de troubles et douleurs ostéo-articulaires et musculaires, certains liés à d’autres pathologies, paludisme, drépanocytose, parasitoses diverses, pas toujours rhumatologiques. – Beaucoup d’hypertendus jeunes, de diabètes et de pathologies générales autres que tropicales aggravées par les parasitologies et l’état nutritionnel. – Nécessité des bandelettes urinaires pour le dépistage des hématuries (bilharziose largement présente dans le secteur et drépanocytose avec consanguinité).un peu de biologie simple en tests rapides serait utile – Nombreuses infections gynécologiques chroniques et grossesses très nombreuses, chez des femmes rarement demandeuses de régulation car ignorantes des possibilités. Mais, région d’élevage, donc les chefs de famille ont besoin de cette nombreuse main d’œuvre enfantine pour garder les troupeaux. Donc enfants peu scolarisés.

SOINS INFIRMIERS

Conditions de travail très difficiles pour Nicole et Martine, qui ont assuré des pansements lourds, injections, prélèvements et tests sanguins et urinaires, nombreux et compliqués et tout en répondant à la délivrance des ordonnances avec explications aux patients, parfois sans traducteur (multiples dialectes et traducteurs pas toujours polyglottes). Bien épaulés par Maguette et Mahmadou, la collaboration a été efficace pour les nombreux soins à délivrer, le tout sans eau courante, système débrouille.

POINTS FORTS

– Le dispensaire est très bien placé au centre de BALLA. – Il dispose d’un petit triporteur ambulance permettant de cours trajets jusqu’à la fondation Kaïcédrat où le relais pourrait être pris avec leur ambulance pour l’hôpital de Tambacounda. Mais à quelles conditions ? Accord du Dr Diop, permanent à la fondation ? Quel prix ? Quels accords Dispensaire-Fondation ? – Réseau de contacts locaux permanents et fiables possible pour pérenniser l’action ponctuelle et renouvelée régulièrement de Terre d’Azur. – Des bonnes volontés, il y en a : Au dispensaire, Maguette l’infirmière, Mamadou l’ASC, et le pharmacien, très actifs et pleins d’énergie. – Les autres, au village on les trouve, il faut les encourager, parmi les officiels et les notables présidents et vice-présidents des divers conseils et groupements du village qui sont venus à la réunion organisée au dispensaire le dernier jour, et qui n’attendent je suis sûre qu’un soutien stimulant et des projets à suivre pour rassembler d’autres bonnes volontés au village.

POINTS FAIBLES

– Etat mécanique du triporteur-ambulance – Conditions d’un environnement de travail à changer en priorité et d’urgence, par rééducation aux règles d’hygiène de toute l’équipe locale, et de l’éducation à celle-ci de tout le village car, malheureusement, sans ce travail de base, ce n’est pas d’enchaîner des consultations pendant une semaine qui améliorera le niveau de santé du village. – Combien de puits fonctionnels d’eau propre à Balla ? – Combien de latrines dans les trois quartiers ? – Peu d’organisation et de coordination, semble t-il, entre les responsables du village noyés par l’ampleur de la tâche. Nous avons rencontré pourtant de nombreux présidents et vice-présidents de comités et groupements divers (communauté rurale, de santé, d’assainissement, de village, de quartiers, des femmes). La structure est là, ont-ils l’envie et les moyens de l’activer ? Un exemple : budget déjà voté pour assurer le ramassage des ordures de Balla divisé en trois quartiers, trois charrettes et 100 poubelles. Pourtant, lors de notre seule visite du village, nous avons marché sur un tapis d’ordures et déjections diverses, et une multitude de sacs en plastiques tapissant les rues ou emportées loin par le vent, accrochés aux arbres, les troupeaux essayant de se nourrir dans tout çà avec la maigre végétation de cette période sèche. Château d’eau du village peu ou pas fonctionnel, résultat, comme le suggérait un technicien du Kaïcédrat, d’un mauvais réglage des flotteurs du réservoir, ou trop grand tirage la journée à cause d’une trop fort demande. Il est curieux qu’il n’y ait plus pour le dispensaire qu’un peu de pression à partir de minuit pour remplir des bidons, alors que l’eau coulait au robinet il y a trois ans.

CONCLUSIONS

Améliorer et garder actif ce dispensaire public au centre du village, accessible non seulement à tous les habitants de Balla mais aussi à ceux des villages qui en dépendent, parfois très éloignés, 5 à 20 voire 30 km, est un projet utile et réalisable. Sans mise en place d’un changement d’assainissement de l’environnement et d’éducation à l’hygiène de toute la population du village, aucune amélioration durable de l’état de santé des habitants ne sera possible. Pour les enfants au sevrage, passant directement à la seule bouillie de mil ou de riz, sans laitages, sans légumes, sans fruits, sans viande œuf ou poisson, car inexistants ou trop chers, et partant pour une croissance de dénutris ou malnutris, l’eau propre du village pourrait être réservée aux seules plantations utilitaires et non décoratives. Le fonctionnel avant l’esthétique .Optimisation des ressources alimentaires locales et éducation des mères. Beaucoup de consultations auraient pu être assurée par l’infirmière très bien formée pour faire certains diagnostics, mais celle-ci pourrait bénéficier de l’expérience de nos infirmières pour les soins. L’équipe a très bien fonctionné, mais le chef de mission a manqué de temps pour le relationnel avec les responsables du village. Nous avons ressenti le besoin d’un (une) logisticien(ne), pour fiches, tri des urgences, régulation des consultations, actes simples (poids et mesure des enfants, température), libérant du temps pour l’examen des malades venant parfois de très loin, plusieurs dizaines de Km. Les conditions imposées par notre chef de mission, le Dr Alain Yung, c’est à dire eau courante et évacuation des eaux usées, WC fonctionnel au dispensaire, et remise en état de la maternité, peinture et carrelage, sont un minimum pour que Terre d’Azur puisse faire un travail efficace. La fondation Kaïcedrat est-elle un atout pour épauler le dispensaire ? Les soins ne semblent pas toujours en rapport avec les moyens matériels dont ils disposent. Ce dispensaire et son infirmière méritent d’être soutenus.

RAPPORT DE MISSION de JEAN-CHARLES LESCUT DIOURBEL et DANKH SENE J’avais promis a mon ami le docteur Dominique SAMBOU, que nous avions pu apprécier lors de précédentes missions, d’aller viser sa plaque s’il avait le courage de s’installer en libéral (pas évident au Sénégal).Nous avons eu le plaisir de la viser ensemble à DIOURBEL (80 km à l’est de DAKAR). C’est une ville de 200.000 habitants avec seulement 2 médecins libéraux. Pendant toute la semaine je lui ai appris le dépistage du cancer du col uterin.Le matériel ad hoc m’a été fournis par le docteur SATTONET du LABO DIAG qui en assureras la lecture des lames gracieusement. Par la suite cela se fera sur DAKAR. Indépendamment du dépistage (70 lames) je lui ai fait chaque jour un topo avec les protocoles principaux de gynéco et les proto RAPPORT DE MISSION de JEAN-CHARLES : DIOURBEL et DANKH SENE J’avais promis a mon ami le docteur Dominique SAMBOU, que nous avions pu apprécier lors de précédentes missions, d’aller viser sa plaque s’il avait le courage de s’installer en libéral (pas évident au Sénégal).Nous avons eu le plaisir de la viser ensemble à DIOURBEL (80 km à l’est de DAKAR). C’est une ville de 200.000 habitants avec seulement 2 médecins libéraux. Pendant toute la semaine je lui ai appris le dépistage du cancer du col utérin. Le matériel ad hoc m’a été fourni par le docteur SATTONET du LABO DIAG qui en assurera la lecture des lames gracieusement. Par la suite cela se fera sur DAKAR. Indépendamment du dépistage (70 lames) je lui ai fait chaque jour un topo avec les protocoles principaux de gynéco et les protocoles antidouleur fournis par Helene Fernandez. Je lui ai laissé outre 46 kg de médoc TA tous mes bouquins de gynéco, 2boites d’instruments de petite chirurgie et d’une façon générale me suis comporté comme avec un successeur lui donnant les ficelles du métier…Il est très motivé et est actuellement pour une formation en échographie avec Joël COUSIN à Tanguietta au Benin. Merci Terre d’ZAUR ! Je l’ai recommandé au docteur Dieudonné médecin chef de la maternité à Tanguietta ou je suis allé en2003. En ce qui concerne la deuxième partie de la mission à DANKH SENE, j’ai fait une bonne équipe avec AYA merveilleuse sage femme sur qui repose tout le poste médical en l’absence d’infirmier. Elle a bénéficié d’une demi journée de cours en particulier les protocoles gynéco les protocoles anti douleur et la CAT pur l’éclampsie (3° cause de mortalité maternelle en Afrique,3 par mois a DANKH SENE). Enfin j’ai fait la jonction AYA -SAMBOU car les 2 ne sont distants que de30 km et surtout en l’absence d’infirmier à Dankh Séné la Sage femme pourra se reposer sur un médecin proche possédant une échographie. Cela devrait compléter un dispositif médical efficace

Rapport de mission à DANKH SENE Du 14 au16 février 2014

– A la demande de l’association KUERGUI qui prends en charge l’équipe et le transport depuis DIOURBEL nous venons pour la première fois dans ce village du nord est du Sénégal à 30km environ de Diourbel ou nous récupérons Jean Charles et abandonnons Yvonne qui doit rentrer en France.

-A notre arrivée la veille au soir un petit comité d’accueil nous attends devant la case de santé : Le président du comité rural, le président du comité de santé et AYA la sage femme.

– Les locaux du dispensaire sont corrects mais très encombrés et sales aucun nettoyage n’a été effectué comme promis.

– Pas d’infirmier dans ce village depuis plusieurs mois aussi nous sommes hébergés dans les locaux qui lui sont réservés derrière le dispensaire. Hébergement très rudimentaire et à la propreté très douteuse, une douche et des toilettes dégradés et sales mais… ouf l’eau coule au lavabo et à la douche !!!! Petit moment de découragement mais rapidement les filles attaquent le ménage pendant que les messieurs demandent un troisième matelas, une table et des chaises.

– Petite réunion à 6 (dont nous quatre) pour l’organisation des 3 jours de consultations. En accord avec le comité de santé et la sage femme les consultations seront payantes 300 FCFA pour les frais de fonctionnement du dispensaire mais le représentant du comité rural ne semble pas d’ accord, il a annoncé à la population que les consultations seraient gratuites….

– Le lendemain matin en arrivant au dispensaire beaucoup d’agitation et de cris… le président du comité rural refuse de faire payer les consultations. Après des discussions très animées Aya la sage femme et le président du comité de santé s’imposent et nous allons pouvoir commencer à travailler dans le calme et selon nos critères habituels.

– Alain consulte dans un bureau assez grand avec une interprète très motivée et toujours présente. Jean Charles est installé dans un bureau plus petit et très chaud avec Aya, une équipe très efficace en effet beaucoup de femmes viennent consulter et les problèmes gynécologiques sont nombreux.

– Les infirmières sont installées dans la salle d’hospitalisation (qui à leur demande la veille avait été nettoyée), elles seront aidée par Abdou le pharmacien très efficace et très ordonné ….ce qui est apprécié

– Beaucoup de consultants et durant ces trois jours les médecins assurent 233 consultations -65 le premier jour (avec le retard du matin) 90 le deuxième jour et 78 le troisième jour. Jean-Charles a donné le dernier jour des cours de formation très appréciés par Aya.

– Les constats : beaucoup de personnes âgées, très peu d’enfants et pas de grosses pathologies mais 5 cas de suspicion de tuberculose, dermatoses négligées, hypertensions et diabète.

– Les infirmières n’ont pas eu beaucoup de pansements.

Conclusion : En l’absence d’infirmier il est difficile de mettre en place des objectifs et de cibler les problèmes, pour un retour dans ce village il faut attendre l’arrivée d’un infirmier et prévoir un autre hébergement. La durée de présence de T.A (3 jours) semble suffisante pour l’importance du village et sa situation géographique pas trop éloignée d’un centre urbain.

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