Date :

Du 22 Janvier au 06 Février 2011

L’équipe :

- 2 médecins : Dr François Rabouam / Dr Gilles Massardier
- 1 puéricultrice : Martine Comandon
- 1 infirmière : Nicole Corradini
- 1 logisticien : Joseph Khayat – chef de mission

Logistique :

1-Transport :

- Les vols Royal Air Maroc nous permettent de partir de Nice et de disposer d’un fret important (2x23kg par personne)
- Lamine Diedhou s’est chargé des transports intérieurs (Dakar – Bala – Dakar). Le comité de santé de Bala a pris en partie en charge le transfert Bala – Goudiri – M’Bagnou et retour. L’association Keurgui a chargé une agence de Tambacounda de notre transport à Kédougou / Bendafassi.

2-Médicaments – Matériel médical :

Nous avons pu amener en bagages accompagnés une grande partie du matériel infirmier ainsi que des médicaments essentiels collectés et prélevé sur le stock du local de Terre d’Azur. Sur recommandation de la mission précédente, nous avons fait une commande complémentaire à la Pharmacie Dépôt de Tambacounda : le coût et la qualité des médicaments (génériques chinois !) devront faire préférer à l’avenir l’achat préalable dans une centrale d’achat humanitaire type Farma Mundi.

Objectifs et Sites :

- La visite pour évaluation du dispensaire de Coubalan
- Après le passage d’une équipe de Terre d’Azur en 2009 ( Jean-Marc Aubert) soins médicaux au dispensaire du village de Bala, situé entre Tambacounda et Goudiri à l’Est du Sénégal , puis au village excentré de N’Bagnou à 2 heures de piste au Nord du Goudiri.
- La visite pour évaluation à la demande de l’association Keurgui (Grasse) du dispensaire de Bendafassi et de l’hôpital de Nineficha dans la région de Kedougou dans le sud-est du pays

1 – Coubalan :

En raison des troubles dans la région, cette étape a été annulée. Le Dr Rabouam a cependant rencontré les représentants du village en fin de mission à Dakar. De ces entretiens, il ressort que notre passage éventuel à Coubalan doit tenir compte des troubles récurrents dans une région qu’il convient de contourner par une arrivée en bateau à Ziguinchor.

2 – Bala :

Notre hébergement était prévu au campement de chasseur de Mr Omar Sarr. Celui-ci nous a permis de dresser nos tentes dans l’enceinte de son établissement et de profiter de tous les équipements (restaurant, sanitaires, piscine, …)

Le dispensaire doit beaucoup à la compétence de son ICP Pierre Kaling – à qui nous avions donné la possibilité de faire un stage dans notre région en 2009 – et de son équipe. Sa présence à nos côtés pendant toute la mission a été précieuse. Nos efforts devraient porter lors de nos prochaines missions sur l’équipement et la remise en état du dispensaire et surtout de la maternité.

A suivre l’implantation prochaine dans le village d’un hôpital à l’initiative d’une ONG française, « Le Kaïcedrat ».

Pathologies :

Nous avons réalisé 318 consultations en 5 jours. Les pathologies essentiellement rencontrées sont :
-  des affections ORL ou bronchiques, souvent d’origine allergique ;
-  des diarrhées parfois fébriles ;
-  une quinzaine de cas de paludismes confirmés par les TDR dont dispose le dispensaire
-  le lot habituel des plaintes articulaires
-  dépistage d’HTA sévères et de diabète, parfois connus mais non traités

Soins :

L’état d’hygiène et de nutrition est globalement satisfaisant ; néanmoins deux remarques :
-  nous avons pris en charge de nombreuses plaies négligées, souvent surinfectées chez les enfants scolarisés
-  La présence d’une puéricultrice a permis de donner des conseils de mise au sein et de faire du soutien à l’allaitement

3 – M’Bagnou

Hébergement sous tentes dans l’enceinte du dispensaire. Les repas sont préparés par les villageois dont la vie s’organise autour de deux puits assez profonds ; puisage à l’aide de bidons remontés à la surface par des chevaux et transport des bassines à dos d’hommes, et surtout de femmes.

Le village et son dispensaire pâtissent de leur isolement à prés de 2h de Goudiri par une piste qui suit ou emprunte le lit d’une rivière. Elle est donc impraticable pendant l’hivernage. Il n’y a pas (ou très peu) de réseau téléphonique.

L’infirmier Bourama Sané a de plus la responsabilité d’autres villages encore plus éloignés qu’il rejoint en moto quant elle veut bien démarrer… Il est confronté à l’inertie et au poids culturel de cette population essentiellement Peul. Il est lui même ancré dans des habitudes médicales d’un autre temps et il semble difficile de pouvoir améliorer sa formation. Le médecin chef de Goudiri en a conscience mais n’a pas les moyens d’assurer la relève.

Pathologies :

Nous avons réalisé 266 consultations en 3 jours. Les pathologies rencontrées sont similaires à celles de Bala ; à noter
-  peu de cas de paludisme ;
-  un nombre important et significatif de parasitoses intestinales en relation avec la proximité des troupeaux, omniprésents an sein du village ;
-  beaucoup plus de cas de dermatoses en relation avec une hygiène médiocre

Soins :

L’infirmier doit faire des efforts pour la propreté et l’organisation qui lui permettrait d’avoir en permanence des tests palu, des traitements et des trousses d’accouchements donnés gratuitement sur simple demande

4 – Kedougou / Bendafassi / Nineficha

L’accès à ces sites au Sud – Est du pays ne peut se faire qu’à partir de Tambacounda et en traversant le parc national de Niokolo Koba. Le dispensaire de Bendafassi, déjà aidé par une association espagnole, est bien entretenu et actif ; il ne nous est pas paru nécessiter une aide supplémentaire. ICP Mansali 77 613 84 36 / Laborentin Daouda Biadar 77 510 58 93 L’hôpital de Ninéficha a été créé à l’initiative de l’Association « Education-Santé » dirigée par Mme Wade ; il est géré par l’armée sénégalaise. Il dispose de moyen assez important même si certains équipements ne sont pas utilisés faute de personnel (dentaire, échographie).

Le partenariat avec l’association Keurgui nous semble intéressant à poursuivre et d’autres sites pourraient être visités à leur demande lors des prochaines missions au Sénégal.

Conclusions

En résumé, les conclusions de la mission sont :

1/ proposition de prévoir une mission sur Coubalan en fin d’année :
-  si possible, mi-septembre période où le village tient son congrès annuel ;
-  en utilisant la voie maritime pour s’y rendre

2/ poursuivre l’action de soutien du dispensaire de Bala, sous couvert d’un rapprochement avec l’association « Le Kaïcedrat » qui met sur pied un Centre de coordination des équipes mobiles médicales et de lutte contre les maladies infectieuses et ophtalmologiques.

3/ l’avenir des missions sur M’Bagniou est incertain tant les espoirs d’une amélioration de la situation sont improbables et au-dessus de nos moyens (désenclavement de la zone, implication de la population, nomination d’un infirmier compétent,…).

4/ poursuite de la coopération avec l’association Keurgui dans d’autres villages, ceux que nous avons visités ne répondant pas à nos critères d’intervention.

5/ repenser l’achat de médicaments dans cette zone (coût élevé, qualité incertaine)

Vous pouvez maintenant visionner l’album photo publié sur Picasa

Mission Sénégal 2011

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